Relation entre le comportement animal et la circulation libre des vaches

Dans cet article, nous allons passer en revue des études réalisées sur la relation entre le comportement animal et la circulation libre des vaches. Nous savons que les vaches traites par un robot ont leur propre rythme pendant la journée, mais notre gestion de l’exploitation peut-elle avoir une influence sur leur rythme ?

Management, T4C & InHerd, Cow health, Milking

Les différentes activités d’une vache laitière en lactation en stabulation libre au cours d’une journée peuvent se diviser en 7 catégories principales. Soit : manger, s’allonger/se reposer, ruminer, traite, boire, station debout et socialisation. (Grant et Albright, 2000). Les principales activités sont s’allonger/se reposer (14 heures) et manger (5 heures). Nous avons déterminé qu’avec boire, ce sont ces activités qui, entre autres, ont un impact sur la production laitière et sur lesquelles nous pouvons influer par la gestion de l’exploitation.

Un article récemment publié de Deming et al. dans le Journal of Dairy Science (vol: 96, pag: 344-351) s’attache aux relations entre le bâtiment, la gestion, la traite, la station debout et le comportement de repos des vaches traites dans un système automatique.

La gestion de l’exploitation est un élément très important car il peut avoir un impact significatif sur la production et le comportement animal. Greenough et Vermunt, (1991) ; Singh et al., (1993) ; Bickert et Cermak (1997) ont signalé que « Des bâtiments mal conçus ou mal gérés peuvent altérer les interactions sociales habituelles, interférer sur le comportement de repos et entraîner une augmentation de la durée de la station debout ». Wierenga et Hopster, 1990 ; Leonard et al., 1996 ; Fregonesi et al., 2007 ont déterminé que : par exemple, il a été démontré que les étables surpeuplées et les longs temps d’attente pour accéder à la traite (Ketelaar de Lauwere et al., 1996 ; Gomez et Cook, 2010) affectent le temps disponible pour que les vaches puissent manger et s’allonger ».

Influence de la gestion de l’exploitation sur le comportement


En nous appuyant sur ces recherches, nous pouvons conclure que si nous cherchons à encourager une circulation libre des vaches afin qu’elles bénéficient d’un accès illimité à l’ensemble du bâtiment et à tout moment, tout en maintenant le minimum de 10 % de temps libre par robot afin d’éviter une période post-traite trop longue, en combinaison avec un accès libre et sans obstacles aux portes, les effets décrits peuvent être minimisés.

Comportement d’alimentation et traite


Cet article se réfère également à une étude réalisée en exploitations robotisées où DeVries et al., 2011 indiquent que « le temps post-traite passé debout augmentait lorsque les vaches étaient traites à proximité d’une station d’alimentation ou de repousse du fourrage, suggérant que l’alimentation et la repousse pourraient allonger le temps passé debout ». Cependant, l’étude décrite ci-dessus n’a pas trouvé de relation entre la station debout post-traite et la fréquence de la fourniture de l’alimentation. 
La durée de la station debout prétraite était associée de manière négative à la fréquence des repousses des aliments (tableau 1).

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Tableau 1

En analysant les données du tableau 1, il est possible de constater que si la fréquence des repousses de l’alimentation augmente, la durée de la station debout prétraite diminue. Cela peut avoir une relation avec l’hypothèse formulée dans l’article, estimant que si les aliments sont plus disponibles pour les vaches, celles-ci peuvent préférer s’allonger plutôt que de chercher activement leur alimentation à l’auge. Cela permet également aux vaches dominées de bénéficier d’un meilleur accès aux aliments.

Résumé


L’une des conclusions qu’il est possible de tirer de ces recherches et de ces documents, c’est que la disponibilité d’une alimentation (fraîche) a, avec d’autres facteurs, une forte influence sur le comportement des vaches, notamment la durée du repos et la durée de la station debout prétraite. En plus de la disponibilité de l’alimentation, Lely estime que les vaches devraient disposer d’un accès libre à la traite. Pour que les vaches puissent visiter le robot et la barrière d’alimentation, il est important qu’elles soient suffisamment reposées pour alléger la pression sur les sabots et les pattes. Si l’on restreint un ou plusieurs de ces besoins fondamentaux, cela va affecter le comportement des vaches et donc leur production. Les vaches devraient donc bénéficier d’un accès illimité à ces besoins fondamentaux sans restrictions. Autrement dit : bénéficier d’une circulation libre.

Références:
J.A. Deming, R. Bergeron, K.E. Leslie, T.J. DeVries; Associations of housing, management, milking activity, and standing and lying behavior of dairy cows milked in automatic systems. Journal of Dairy Science (96:344-351)

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