Stress thermique
L'été fait désormais timidement son apparition. Cela signifie qu'une période difficile s'annonce à nouveau pour les vaches, mais aussi, bien sûr, pour l'éleveur. Comment faire en sorte que nos vaches ne souffrent pas du stress thermique pendant les périodes de chaleur et comment éviter les nuisances causées par les mouches ?

Stress thermique
Garder la tête froide
Les vaches produisent beaucoup de chaleur lorsqu'elles ruminent et digèrent leur fourrage. Si elles ne parviennent pas à dissiper cette chaleur dans l'environnement, leur production laitière s'en trouvera affectée. Pour éviter cela, il est essentiel de disposer d'une étable bien ventilée. Non seulement un apport suffisant en air frais est nécessaire, mais il faut également un courant d’air suffisant pour permettre aux vaches de se rafraîchir. Lorsque les vaches ont du mal à évacuer leur chaleur, le nombre de passages au robot de traite s’en trouve affecté. Il est donc recommandé de bien ventiler non seulement l'étable, mais aussi la salle de traite robotisée. Ainsi, les vaches se rendront volontiers au robot et le nombre de traites restera stable. Un ventilateur dans la salle de traite robotisée permet non seulement d’inciter les vaches à s’y rendre, mais aussi de réduire leur gêne causée par les mouches.
Stimuler la consommation alimentaire
Surtout lors des journées chaudes, il est important que vos vaches continuent à s’alimenter. Une réaction naturelle des vaches laitières consiste à réduire leur consommation alimentaire lorsque leur corps s’échauffe trop. C’est ainsi qu’une vache tente de réguler sa température corporelle. La digestion demande beaucoup d’énergie et génère ainsi beaucoup de chaleur. La vache tente de limiter cet échauffement en mangeant moins. Une baisse de la consommation alimentaire est préoccupante. Non seulement la production laitière s’en trouve compromise, mais cela peut également entraîner une acidose ruminale. Lorsqu’une vache consomme moins de fourrage grossier, le rapport concentré/fourrage grossier se déséquilibre, ce qui entraîne une baisse du pH dans le rumen. De plus, la vache rumine moins en raison de cette diminution de la consommation de fourrage grossier. En ruminant suffisamment, une vache produit davantage de salive, ce qui contribue à tamponner correctement le rumen et à prévenir ainsi l’acidose ruminale.
Santé des sabots
Les sabots des vaches sont un bon indicateur de l’acidose ruminale. Lorsqu’une vache souffre d’acidose ruminale, cela a des répercussions sur la santé des sabots. L’une des conséquences directes est la fourbure. Celle-ci se reconnaît à la présence d’hématomes dans le sabot, souvent accompagnés d’un ramassement plus mou. Ce phénomène est douloureux, ce qui pousse la vache à rester couchée plus longtemps, à éviter de se rendre au robot de traite et, par conséquent, à s'approcher encore moins de la mangeoire. Pour prévenir ce problème, il est recommandé d’ajouter un tampon à l’alimentation dès le début de l’été. Cela empêche une baisse du pH du rumen et prévient ainsi l’acidose ruminale. Par ailleurs, il est recommandé d’augmenter la fréquence des distributions de fourrage au cours de la journée. Ainsi, du fourrage frais est disponible plus souvent devant la mangeoire, ce qui incite la vache à s’y rendre plus fréquemment.
Stress thermique, 2e partie

Période de tarissement et reprise de la lactation
Les vaches en période de tarissement constituent un groupe souvent négligé en période de stress thermique. Or, ce groupe est tout aussi important. Une vache en période de tarissement produit davantage de chaleur, car elle reçoit généralement une ration plus riche en fibres. De plus, en raison de la croissance de son veau, elle a davantage de mal à évacuer la chaleur. Les conséquences ne sont souvent pas visibles immédiatement. Cependant, des études montrent qu’une vache dont l’apport alimentaire est réduit pendant la période de tarissement consomme jusqu’à 6 kg de matière sèche en moins lors de la reprise de l’alimentation après le vêlage. Cela a des conséquences inévitables sur la production laitière et, à un stade ultérieur, sur la fertilité. Une ventilation suffisante à l’aide de ventilateurs et une distribution plus fréquente de fourrage frais peuvent notamment y contribuer.
Lutte contre les mouches
Au cours de l’été, les nuisances causées par les mouches vont à nouveau s’intensifier. Les mouches ne sont pas seulement gênantes pour les vaches, elles peuvent également être à l’origine, entre autres, de l’amertume, de la mammite, des ulcères de la langue et de la diarrhée. Les mouches les plus courantes dans l’étable sont la mouche domestique et la mouche des étables. La mouche des étables est la plus gênante, car elle pique et se nourrit de sang. Il est donc recommandé de commencer la lutte contre les mouches suffisamment tôt. Au printemps, on peut déjà commencer à lutter contre les larves dans les fosses à lisier. Une ventilation suffisante contribue à limiter la gêne subie par les vaches dans l’étable et près du robot de traite. Il est également possible d’utiliser des produits « Pouron » ou des protections auriculaires pour le bétail, afin de réduire cette gêne. La mise en place de guêpes parasitoïdes en début de saison peut également contribuer à réduire la nuisance causée par les mouches.

- Veillez à une ventilation suffisante, y compris près du robot de traite et des vaches taries
- Veillez à ce que les vaches disposent d’eau fraîche en quantité suffisante, accessible et disponible à volonté.
- Faites paître les vaches aux moments les plus frais de la journée.
- Veillez à fournir du fourrage frais :
- Nourrissez-les plus souvent au cours de la journée
- Utilisez un inhibiteur de fermentation
- Veillez à ce que la vitesse d'alimentation dans l'ensilage soit suffisante
- Ajoutez un tampon dans l'alimentation pour prévenir l'acidose du rumen.
- En cas de périodes de chaleur prolongées, adaptez la ration et concentrez l'apport énergétique.



