Pâturage
Les premières vaches sont déjà en train de paître tranquillement dehors. Avec le début de la nouvelle saison de pâturage, une question se pose à de nombreux éleveurs : comment et quand commencer à mettre les vaches au pâturage ?

Pâturage
Pâturage responsable associé à la traite robotisée
Les premières vaches paissent déjà tranquillement en plein air. Avec le début de la nouvelle saison de pâturage, une question se pose à de nombreux éleveurs : comment et quand commencer le pâturage ? En tant qu’éleveur, il est bon de s’interroger à ce sujet. Comment cela s’est-il passé l’année dernière et quelles sont les possibilités pour cette année ? Est-ce que je souhaite augmenter ou réduire le temps passé au pâturage ? Qu’est-ce qui me convient le mieux en tant qu’éleveur ? Quel système de pâturage est adapté à mon exploitation et comment vais-je le combiner avec la traite et/ou l’alimentation automatisées ? Pour une période de pâturage réussie, il est important de réfléchir à ces questions.
Un pâturage réussi repose-t-il sur une ration (de pâturage) bien équilibrée ou plutôt sur une combinaison de gestion et d’organisation des parcours ? La vérité se situe entre les deux. La ration de pâturage calculée donne la direction à suivre, tandis que la gestion de l’éleveur détermine le succès. Il est essentiel de réévaluer les souhaits et les possibilités à chaque saison de pâturage. Cela permet, sur la base des résultats, d’élaborer une stratégie de pâturage et de l’adapter à l’organisation des rotations et aux routines de travail nécessaires pour garantir le bon déroulement de la saison de pâturage. Un bon partenaire de réflexion vous aidera dans cette démarche.
Pâturage ou sortie au pâturage ?
Une bonne question. Pâturons-nous pour obtenir un apport maximal en matière sèche d’herbe dans le pâturage, ou plutôt pour bénéficier de la prime aux pâturages ? Il est important de savoir quelles sont les attentes et si celles-ci correspondent aux souhaits et aux possibilités de l’exploitation. Quelle est votre position à ce sujet et dans quelle mesure êtes-vous prêt à consacrer du temps et de l’énergie au pâturage ? Il est important d’avoir une vision claire de ce que vous souhaitez atteindre. Une production maximale, des coûts d’alimentation minimaux, ou bien seul le résultat net le plus élevé compte-t-il ? Il est parfois utile de se regarder dans un miroir pour identifier clairement où se situent les opportunités et les défis.
Points à prendre en compte pour le pâturage :
• Commencez le pâturage tôt dans l’année.
• Commencez dès maintenant à mettre les jeunes bovins au pâturage : ce qu’on apprend jeune, on le garde toute sa vie.
• Les vaches préfèrent paître tôt le matin et en fin d’après-midi.
• Offrez toujours aux vaches un coin d’herbe fraîche, cela permet de maintenir leur motivation.
• Ne nourrissez pas les vaches juste avant qu’elles ne se rendent au pâturage, cela affecte leur consommation d’herbe.

Fertilisation et réglementation
La suppression progressive de la dérogation constitue pour de nombreux éleveurs laitiers l’un des plus grands défis des années à venir. D’une part, il est important de maintenir le niveau de fourrage grossier, d’autre part, de réguler l’évacuation du lisier. En tant qu’éleveur laitier, planifiez en temps utile la manière dont vous allez vous adapter à cette situation. Tenez compte du fait que toutes les exploitations laitières disposent de moins d’espace d’élevage. Nous vous conseillons de déterminer clairement le nombre de vaches que vous souhaitez élever, la superficie de terres dont vous disposerez de manière structurelle dans les années à venir, ainsi que la quantité de lisier que vous devez et pouvez épandre. À cet égard, il est important de suivre de près la réglementation en vigueur et d’adapter en permanence vos plans en fonction de celle-ci.
Les éleveurs laitiers bénéficiant d’une dérogation pourront encore épandre, en 2024, 230 kg d’azote issu du lisier par hectare de prairie. Pour les éleveurs situés dans les zones dites « NV » (zones polluées par les nutriments), une norme inférieure de 210 kg N par hectare s’applique. En 2024, de nouvelles zones NV auront été désignées par rapport à 2023. Les éleveurs laitiers situés dans des zones Natura 2000 et des zones de protection des eaux souterraines doivent d’ores et déjà respecter la norme maximale de 170 kg N par hectare.
Les éleveurs qui participent à l’« Eco-activité pâturage » dans la Déclaration combinée doivent tenir compte de normes plus strictes. Les normes ont été relevées à un minimum de 1 500 heures ou 2 500 heures de pâturage. En raison d’un printemps pluvieux, le nombre de vaches en pâturage est actuellement inférieur à la normale. L’herbe a toutefois continué à pousser, ce qui a obligé la plupart des éleveurs laitiers à effectuer une première coupe, entraînant ainsi un démarrage tardif de la saison de pâturage. Il est donc plus difficile d’atteindre ces heures de pâturage supplémentaires. Si vous hésitez à vous inscrire à ce dispositif parce que vous n’êtes pas certain de pouvoir respecter la norme, vous pourriez tout de même envisager de le faire. En effet, s’il s’avère que les heures requises ne sont pas réalisables, il est possible de retirer la demande a posteriori, mais il n’est pas possible d’ajouter des activités après la date limite d’inscription (15 mai). Veillez à le faire en temps utile, car dès votre inscription et jusqu’au 30 novembre inclus, vous êtes tenu de tenir à jour la situation de votre exploitation.
Gouverner, c’est prévoir
L’un des écueils du pâturage est le manque de recul sur son exploitation. Ne pas savoir ce qui pousse ni quel est le taux de consommation d’herbe dans le pâturage, ce qui empêche également de déterminer clairement ce qu’il faut donner en complément dans l’étable. La compréhension est ici le mot-clé et un « FarmWalk » l’outil de gestion permettant d’y parvenir. Cette méthode consiste à surveiller le pâturage en observant la croissance de l’herbe lors d’une tournée des parcelles de pâturage. En Nouvelle-Zélande, il est courant de planifier un FarmWalk chaque semaine (ou un FarmRun pour les éleveurs très occupés). Cela permet d’identifier précisément les points sensibles en matière de pâturage pour les semaines à venir. Cette pratique est peu répandue aux Pays-Bas, alors qu’elle devrait faire partie intégrante de la routine de travail. Elle permet de mettre davantage l’accent sur le pâturage et rendra celui-ci plus efficace et plus facile à gérer. Pendant la saison de croissance, la production d’herbe varie entre 40 et 100 kilogrammes de matière sèche (kg MS) par hectare et par jour. Au printemps, on peut atteindre une production de 80 à 100 kg MS, contre 40 à 60 kg MS à la fin de l’été. Le pâturage est donc très dynamique tout au long de la saison, ce qui signifie qu’il faut parfois faire preuve de souplesse quant à la taille des parcelles ou à l’apport complémentaire.



