GAEC Bogatine

GAEC Bogatine (85)
Robotisation de la traite : « 4 ans d’anticipation »
Denis Bureau et Camille Albert ont investi dans deux Lely Astronaut A5 Next, après une préparation minutieuse touchant à l’alimentation, au confort et à la génétique. L’accompagnement du Lely Center de Cholet et de son coordinateur de projet répond également à leur volonté de maîtriser leur projet.
L’installation de robots de traite n’est pas qu’une question de machine, c’est un changement de paradigme. Au GAEC Bogatine à Breuil-Barret (85), cette transition a été anticipée avant même de concevoir les plans d’implantation des deux robots Lely Astronaut A5 Next. Denis Bureau s’est installé en 2012. Camille Albert, d’abord salarié, l’a rejoint comme associé du GAEC en 2025. L’objectif était clair : gagner en souplesse de travail et en vie sociale sans sacrifier la performance de l’atelier lait. Les 110 vaches laitières produisent du lait à destination de l’AOP Charentes-Poitou, l’élevage est donc réglementé pour son usage de concentrés. Mais, les robots de traite devraient permettre d’augmenter la production laitière de 1,1 million de litres de lait à 1,25 million.
5 jours de travaux pour installer les robots
Le chantier n’a duré que cinq jours contre les trois semaines annoncées par d’autres constructeurs. Certains blocs arrivent pré-montés. « L’équipe Lely est arrivée en force, à 6. C’était très efficace. Il y a eu très peu de maçonnerie, juste quelques murs à tomber et des découpes », note Denis Bureau. Cette rapidité a permis de limiter le stress pour les éleveurs et le troupeau.
Une préparation globale : le triptyque alimentation/confort/ génétique
Autour de ce projet de robotisation, les fondamentaux de l’élevage ont été revus. « Un robot, ça ne se met pas sur un coup de tête. », prévient Camille Albert. La première étape a été la stabilisation de la ration pour assurer une production linéaire toute l’année. Grâce à l’irrigation en place depuis 1975 et au choix de nouvelles variétés de maïs plus tardives, l’exploitation sécurise ses stocks. « Nous avons des fourrages très linéaires, avec du maïs, de la luzerne et des méteils. Il faut que ce soit constant 365 jours par an pour ne pas avoir de mauvaises surprises avec les robots. On a anticipé la hausse de production permise par les robots et la ration suit. », explique Denis Bureau.
Pas de vaches réformées pour le robot
Le confort des animaux a également été revu. Ce travail a payé puisque qu’aucune
vache n’a été réformée lors de la mise en place des robots. Les anciennes logettes, devenues trop petites et inconfortables, ont laissé place à un équipement neuf : tapis, tubulaires et surtout ventilation. « Certaines vaches avaient du mal à se lever, avec de gros jarrets. Avec le robot, si les vaches ne se lèvent pas, elles n’y vont pas. », soulignent les éleveurs. Dans cette logique, deux sessions de parage préventif sont programmées chaque année. Enfin, la génétique a été le troisième pilier de cette préparation. Le génotypage oriente la sélection des vaches pour la traite robotisée. « Santé de la mamelle, position des trayons et vitesse de traite, le génotypage est bluffant. Les index négatifs sur la vitesse de traite se vérifiaient en salle de traite », confie Denis Bureau.
Un coordinateur de projet pour l’installation des robots
Bien que fidèle à une autre marque, le GAEC Bogatine a choisi Lely pour la qualité de l’accompagnement local. « Le suivi de A à Z est rassurant. Le Lely Center de Cholet dispose d’une équipe nombreuse, ce qui est sécurisant pour la maintenance et l’astreinte. », explique Camille Albert. « Chaque Lely Center dispose également d’un coordinateur de projet. Son expertise a permis d’ajuster l’implantation des robots. Initialement, le projet prévoyait de démonter onze logettes, mais une optimisation du plan en « L » a permis de n’en supprimer que trois. Le système en L correspondait parfaitement à nos attentes. On a gardé plus de places pour les vaches, ce qui nous permet de traire environ 95 à 100 vaches sur les deux robots tout en gardant 30 % de temps libre. Avec cette configuration, les deux robots peuvent diriger les animaux simultanément vers un parc de tri. », précise Camille Albert. L’installation d’une porte J-Flow, pour que les vaches rentrent de biais dans le robot, a également gagné de l’espace dans le bâtiment.
Un service 24 h sur 24, 7 jours sur 7
L’accompagnement s’est poursuivi après la mise en route pour favoriser une montée en compétence progressive. « C’est important d’écouter les experts Lely. », sourit Denis Bureau. Au bout d’une semaine, 70 % des vaches allaient seules au robot. « Mais d’autres avaient pris l’habitude qu’on les pousse. Il faut les laisser faire. », résume l’éleveur. L’élevage est désormais en rythme de croisière, mais le contact avec le Lely Center rassure les deux associés : « si on a besoin, on a toujours quelqu’un au téléphone ».
Avis d'expert
Julien MARY, est responsable technique au Lely Center de Cholet
La connectivité et la technologie sécurisent les élevages au quotidien
« La maintenance n’est plus subie mais connectée et pilotée »
Quel est aujourd’hui le rôle d’un technicien Lely auprès des éleveurs ?
Julien Mary - Le digital a transformé notre métier : nous ne sommes plus de
simples réparateurs, mais des conseillers techniques. Nous sommes des acteurs de la performance de l’élevage. L’idée est d’accompagner l’éleveur dans l’optimisation de son outil pour qu’il réponde à ses objectifs de production.
Comment l’anticipation des pannes fonctionne-t-elle concrètement ?
J. M. - Nous nous appuyons sur deux outils digitaux : LTDA, Lely Technical Diagnostic Assistant (outil de diagnostic) et LSSA, Lely Service Support App (historique des interventions). Nous observons le fonctionnement du robot à distance. Nous pouvons diagnostiquer, voire résoudre un problème, avant même de nous déplacer. Et si besoin, nous anticipons et prévoyons la bonne pièce. Nous analysons aussi les indicateurs pour éviter les arrêts imprévus, c’est de la maintenance pilotée.
Lely impose un parcours de formation très strict à ses techniciens. Quelles sont les étapes ?
J. M. Tous nos techniciens sont certifiés via un parcours structuré : niveaux SL1, SL2 jusqu’à devenir «Product Specialist» qui est un technicien référent dans les Lely Centers. Les techniciens sont formés pendant environ une semaine au siège de Lely France à chaque nouvelle étape. Sans cette certification et la clé USB cryptée associée, un technicien ne peut pas intervenir sur les menus de sécurité des robots. Nous suivons aussi régulièrement des formations en e-learning. Nous sommes ainsi au fait de toutes les innovations et nouveautés des produits et des logiciels. Cela garantit aux agriculteurs un niveau de compétence homogène sur tout le réseau Lely en France.
Quel conseil donnez-vous pour maximiser la durée de vie des robots ?
J. M. La rigueur au quotidien ! Un robot propre et bien entretenu fonctionnera toujours mieux. Il faut donc nettoyer les caméras et les lasers. Nous assurons également une maintenance préventive rigoureuse tous les quatre mois pour changer les pièces d’usure avant qu’elles ne lâchent.