Stress thermique des bovins : comment protéger son troupeau pendant les fortes chaleurs ?

Stress thermique des bovins : comment protéger son troupeau pendant les fortes chaleurs ?
Les épisodes de fortes chaleurs sont désormais une réalité pour les éleveurs. Plus fréquents et souvent plus longs, ils peuvent entraîner des conséquences importantes sur la santé, le bien-être et les performances des bovins
Contrairement aux idées reçues, le stress thermique ne survient pas uniquement lors des canicules. Il dépend à la fois de la température et de l'humidité de l'air, mesurées grâce à l'indice THI (Temperature Humidity Index). Une vigilance est recommandée dès un THI supérieur à 68, tandis qu'un THI supérieur à 72 correspond à une véritable situation d'alerte.
Un autre facteur est à surveiller : les nuits chaudes. Lorsque la température ne descend pas sous les 18 à 20°C pendant plusieurs heures, les animaux ne parviennent plus à évacuer la chaleur accumulée durant la journée. Le stress thermique s'installe alors durablement.
Comment reconnaître un troupeau en stress thermique ?
L'observation quotidienne permet d'identifier rapidement les premiers signes d'inconfort.
Les principaux indicateurs sont :
- une augmentation de la fréquence respiratoire ;
- des animaux qui halètent ou bavent ;
- des regroupements autour des points d'eau ;
- davantage de temps passé debout ;
- une diminution des déplacements ;
- une baisse de l'ingestion et de la rumination ;
- une baisse de fréquentation du robot de traite dans les élevages équipés.
Plus ces signes apparaissent tôt, plus il est important d'agir rapidement afin de limiter les conséquences sur le troupeau.
Quelles conséquences sur l'élevage ?
Face à la chaleur, le bovin mobilise son énergie pour maintenir sa température corporelle. Les fonctions de production et de reproduction passent alors au second plan.
Les premières conséquences observées sont généralement :
- une baisse de l'ingestion pouvant atteindre 10 à 30 % ;
- une diminution de la production laitière ou des performances de croissance ;
- une dégradation de la fertilité ;
- une baisse de l'immunité ;
- une augmentation du risque cellules, de mammites et de boiteries.
Dans les élevages laitiers, le stress thermique peut également entraîner une baisse des taux butyreux et protéiques ainsi qu'une dégradation de la qualité du lait.
Les impacts ne s'arrêtent pas à la fin de la canicule. Certaines conséquences sanitaires et/ou sur la reproduction peuvent apparaître plusieurs semaines/mois après l'épisode de chaleur.
Les trois leviers prioritaires pour protéger son troupeau
1. L'eau : la priorité absolue
En période chaude, les besoins en eau augmentent fortement, les vaches en production boivent environ 100L d’eau/jour. Les animaux doivent disposer d'une eau propre, fraîche et facilement accessible.
Les recommandations prévoient au minimum 10 à 15 cm de longueur d'abreuvoir par animal avec un débit pouvant atteindre 20 litres par minute. Au pâturage, les points d'eau doivent rester facilement accessibles et idéalement éloignés du rayonnement direct du soleil.
2. Adapter l'alimentation
La distribution de la ration est à privilégier aux heures les plus fraîches de la journée, tôt le matin ou en soirée.
Il est également important de maintenir une ration appétente, de limiter l'échauffement des aliments à l'auge et de veiller à un apport suffisant en minéraux afin de compenser les pertes liées au halètement et à la transpiration.
3. Favoriser l'ombre et la circulation de l'air
La ventilation est l'un des moyens les plus efficaces pour améliorer le confort des animaux.
Ouvrir les bâtiments, optimiser la ventilation naturelle ou installer des ventilateurs permet de réduire la température ressentie et l’humidité du bâtiment. En situation critique, l'association ventilation et aspersion peut apporter un refroidissement efficace.
Au pâturage, la présence d'arbres, de haies ou d'abris offrant des zones d'ombre reste essentielle pour limiter l'exposition directe au soleil.
Anticiper plutôt que subir
Le stress thermique est devenu un véritable enjeu de conduite d'élevage. Plus que les pics de chaleur, c'est souvent l'accumulation de journées chaudes et l'absence de fraîcheur nocturne qui pénalisent durablement les troupeaux.
Anticiper les besoins en eau, adapter l'alimentation et améliorer la circulation de l'air permettent de limiter les pertes de performances tout en préservant la santé et le bien-être des animaux.