Lacplume, une histoire de famille

Depuis plusieurs générations, la famille Ernst exploite une ferme laitière à Aubel en province de Liège. Le nom original « Lacplume » fait référence aux deux activités principales de la ferme : le lait et la volaille. Jean-Marie, parti de la petite exploitation familiale, et ses 2 fils – Arthur et Cyril – ont réussi le challenge d’être, malgré eux, la première exploitation Dairy XL de Wallonie et du Lely Center Urspelt.
Une évolution constante de l'exploitation
A l’époque, Jean-Marie trayait une 70aine de vaches dans une étable entravée, ce n’est qu’en 1997 qu’il décide de moderniser l’équipement de traite en installant une première salle de traite de 3*4 places en triangle. Dix ans plus tard, en 2007, le cheptel évolue pour atteindre le nombre de 200 vaches en lactation. Après quelques années passées dans leur première installation de traite, Jean-Marie décide en 2014 de passer à une salle de traite 2*15 postes.
Jean-Marie explique : « En 2019, nous avons eu l’opportunité de reprendre une ferme laitière pas loin de notre exploitation actuelle, par contre, ce n’était pas possible d’assurer la traite des 2 côtés. Ne sachant pas de quoi allait être fait l’avenir et devant trouver une solution facile et non contraignante pour la traite dans l’autre exploitation, nous avons pensé à la solution, totalement novatrice pour l’époque, de louer des robots de traite. »
C’est assez naturellement, nous expliquent Jean-Marie et Arthur son fils, qu’ils se tournent vers la firme Lely, une des seules firmes déjà bien implantées dans la traite robotisée et surtout, vers le Lely Center Urspelt qui fût le seul à bien vouloir innover dans la location de 2 robots de traite Lely Astronaut A3 reconditionnés. Des robots, rachetés entre-temps et toujours en place qui assurent la traite d’un lot de primipares.
A cette époque, sur l’exploitation familiale, la traite se passe toujours dans la salle de traite mais prend un temps et une énergie considérable. Poussé par une relève enthousiaste, Arthur et Cyril, tous deux déterminés à faire perdurer l’exploitation familiale ainsi que par son expérience avec les 2 A3 déjà en place sur l’autre site, Jean-Marie se lance dans la transformation des étables pour pouvoir accueillir en juillet 2024, 4 Lely Astronaut A5 et deux mois plus tard 2 Astronaut A5 supplémentaires. 8 robots assurant la traite des 450 vaches que compose le cheptel actuel.

« Nous avons visité quelques grosses exploitations Dairy XL lors d’un voyage à l’étranger ainsi qu’une ferme avec 6 robots en Wallonie, mais notre projet était déjà lancé et pensé avec l’aide du Lely Center. Tous les aménagements réalisés tournent autour des robots et de leur bon fonctionnement ainsi que l’amélioration du confort des vaches. »
Outre l’installation de filets brise-vent pour l’aération de l’étable, de ventilateurs pour la chaleur et les mouches, le choix des logettes creuses remplies avec du compost fût opté pour un confort optimal des vaches mais peut-être pas celui de l’éleveur.
« Avec un nombre de vaches plus conséquent, explique Arthur, le travail à réaliser pour remplir les logettes creuses et les garder propre n’est pas négligeable. Je pense que si c’était à refaire, nous opterions pour une autre solution. »
Ce sont 2 robots aspirateurs, Discovery Collector C1, qui assurent la propreté de l’étable et qui participent à l’approvisionnement de la station de biométhanisation présente sur l’exploitation initiale.
Jean-Marie explique : « La station nous permet bien évidemment d’être autonome en électricité mais elle permet également de chauffer les eaux nécessaires au nettoyage des robots et du tank, ainsi que d’assurer le chauffage du poulailler et d’une partie de la maison… Il y aurait encore moyen de s’améliorer de ce côté, déclare-t-il. »
Exploitation Dairy XL, une question d’organisation
La gestion d’une exploitation de cette taille et se situant sur 3 sites différents demande une bonne organisation, Jean-Marie et ses 2 fils Arthur et Cyril se partagent les différentes tâches avec chacun leur spécificité.
Cyril est responsable de la distribution de la ration qui est la même quelques soient le lot de vaches, le complément se fait au robot. Seules les vaches taries et les préparations vêlage ont une ration différente. Il gère également le site avec les robots A3 ainsi que tout ce qui touche à la mécanique et à la gestion de la station de biométhanisation.
Jean-Marie lui, est en charge des poulaillers, de la comptabilité et la gestion administrative ainsi que de l’ensemble des inséminations artificielles réalisées au sein du troupeau.

Il déclare : « - Nous avons utilisé pendant de nombreuses années des taureaux de saillies minutieusement sélectionnés pour la reproduction du cheptel. Le souhait d’augmenter la production, la santé et la longévité des vaches ainsi que de mieux cibler nos accouplements, nous a poussés à travailler uniquement avec l’insémination artificielle. Actuellement, toutes les génisses sont inséminées avec de la semence sexée, 80 % des multipares avec du croisement industriel. Seules les meilleures multipares bénéficient de doses conventionnelles. Les gestations sont contrôlées par des échographies régulières du troupeaux. »
Enfin Arthur est responsable de l’atelier élevage bovin et des 6 robots A5.
Il explique : « Les veaux sont drencher dès la naissance, ce qui permet une meilleure immunité dès le début de leur vie. Une grande quantité de veaux à gérer à la fois nécessite une routine et un travail soigneux. Pour assurer une alimentation régulière et adaptée, nous avons choisi d’utiliser la poudre de lait pour soigner les veaux. »
Arthur s’occupe également des vaches en retard, de la propreté des logettes, ainsi que du tarissement pendant lequel les vaches sont parées systématiquement. Le soin des pattes est aussi réalisé par un pareur 2 fois par an en plus de pédiluves dans lesquels passent toutes les vaches tous les 10 à 15 jours.
Etant la personne qui s’occupe essentiellement du troupeau laitier, il est aussi celui qui utilise le plus le programme de gestion Horizon. « Un programme facile et simple d’utilisation, déclare Arthur. »
Jean-Marie ajoute : « Il nous donne des données fiables, comme, entre autres, le taux cellulaire. Une équipe de vétérinaire a réalisé des tests sur nos vaches qui le confirme. »

La mise en route des A5, le comportement des vaches et la libre circulation
La pandémie de FCO n’a pas facilité la mise en route des robots en juillet et septembre 2024, combiner à cela, l’arrivée des premières primipares issues de l’insémination ainsi l’achat de primipares pour commencer petit à petit à pouvoir trier, a contribué à un démarrage progressif. Mais depuis le troupeau évolue très positivement. « Les vaches sont vraiment très calmes depuis la traite robotisée, expliquent-ils, nous n’avons jamais vraiment douté des bénéfices de la libre circulation des vaches et maintenant nous en sommes convaincus du système. »
Les robots, une plus-value
La transformation de l’étable a été entièrement pensée pour le bon fonctionnement des robots. La philosophie de la famille est de se simplifier le travail et de le limiter au possible. L’étable doit être optimisée pour que la gestion des robots puisse être réalisée par une seule personne. « - Il ne faut pas devoir commencer à voyager avec les vaches dans tout le bâtiment, nos génisses pleines passent 3 semaines dans le box de séparation pour qu’elles puissent déjà s’habituer d’elles-mêmes, grâce au petit circuit, à passer dans le robot et à la distribution des concentrés. Pour tout ce côté pratique, il faut un très bon jeu de barrières et travailler le moins possible à la main, ajoute Jean-Marie. »
« Notre vision de l’élevage est que plus nous automatisons, plus nous gagnons du temps pour mieux soigner et s’occuper des bêtes. Le but est vraiment de maximiser ce poste, déclare Arthur. »
« Aucune intervention autour des vaches ne doit être compliquée ! »
Et si c’était à refaire !
Avec le sourire, Jean-Marie nous avoue : « Au début, je n’étais pas le plus enthousiaste pour installer des robots de traite, mais avec le recul, je ne retournerais plus jamais dans une salle de traite ! »
