• Traite
22 avr.07:51

C’est à Hamiville, petit village de la commune de Wincrange, situé dans la région d’Eisleck au nord du Luxembourg que nous retrouvons, au sein de l’exploitation familiale, Michel Neser et son A3 de 2008 qui comptabilise à ce jour, le nombre remarquable de plus de 1.060.000 traites.

A la base la ferme est composée d’un cheptel laitier et de cultures traditionnelles mais avec l’arrivée de ses enfants, Michel se diversifie également dans le maraîchage comme les cornichons, les courgettes mais surtout le chou blanc. Ce chou est directement envoyé en Alsace afin d’être transformé en choucroute commercialisée dans un petit chalet de produits locaux, non loin de chez lui. Ses fils représentent la 4ème génération sur le site avec une préférence pour les légumes pour Charel (23 ans) et l’élevage laitier pour Jules (19 ans).

Choucroute luxembourgeoise - Fermes Neser et Jacobs

Quand l’innovation de la traite robotisée ne fait pas peur

Avant 2008, la traite est réalisée dans une salle de traite 2*5. Le travail qu’occupe le poste élevage représente 1 unité de travail bien remplie et des soucis de mal de dos poussent, rapidement et sans crainte, Michel vers la voie robotisée dans une nouvelle étable.

« Dans le coin, il y avait déjà d’autres robots de la firme Lely, nous avons fait quelques visites de fermes qui nous ont convaincus de travailler avec l’Astronaut A3. De plus, le Lely Center Urspelt est vraiment proche d’ici, le service y est très bon. C’est notamment Luc Van Laar qui faisait encore les entretiens à cette époque et même les gardes de nuit. », nous confie Michel avec le sourire. 

Le temps passe, la performance de l'Astronaut A3 reste

En juillet, cela fera 18 ans que le robot Astronaut A3 est installé dans une étable en bois au toit isolé, équipée de logettes creuses, paille-chaux, avec séparations flexibles en bois. Pour s’assurer d’un confort optimum dès le départ, des tapis sont placés dans les couloirs de passage pour s’approcher au mieux des conditions de déplacement des vaches dans leur milieu naturel.

Au fil des années, des évolutions, comme le remplacement du laser il y a 3 ans, sont apportées sur le robot pour garder un outil performant, même pour les hautes productrices de l’exploitation. Les entretiens réguliers et le bon suivi de la machine lui ont permis de dépasser à ce jour le chiffre remarquable de plus de 1.060.000 traites.

Ecran d'un robot de traite qui donne des données

Trouver le juste équilibre entre les différents postes de l’exploitation

Le management autour de l’élevage est primordial. C’est un équilibre entre les différents postes comme la traite, l’alimentation, les soins et les routines apportés aux animaux, la propreté et le confort de l’étable, l’agriculteur et les conseillers de l’exploitation.

Pour Michel, le robot permet aussi de garder un nombre de bêtes acceptable sur son exploitation, pour pouvoir assurer un bon suivi à l’ensemble du troupeau et ne pas être submergé.

Il explique : « Nous avons actuellement, environ 65 vaches sur le robot avec un bon litrage moyen. Les vaches vêlent dans un autre bâtiment pour diminuer leur stress. Quand elles ont vêlé, elles reviennent dans la stabulation où nous les mettons à part pendant quelques jours dans un box paillé prévu pour.» 

Afin de faciliter la gestion des fraîches vêlées, Michel a imaginé un local à côté de l’air paillée avec un système de contention lui permettant de réaliser les 2 premières traites à part, de peser le colostrum pour en connaître la qualité ainsi que de donner les premiers soins aux bêtes si nécessaire ou encore d’assurer la tonte du pis en toute sécurité. Ce local lui est également utile pour soigner les vaches malades.

Veau avec une couverture sur de la paille

Le robot peut également dévier les animaux dans un autre box dans l’attente d’être inséminés par exemple. C’est en 1987 que la sélection en Pie-Noire Holstein débute après deux épisodes sanitaires compliqués. Passionné de génétique, Michel participe pendant de nombreuses années aux différents concours Holstein Nationaux mais aussi aux confrontations européennes.

« Nous ne travaillons qu’avec l’insémination artificielle, notre troupeau a une classification moyenne de VG 85pts et nous avons commencé le génotypage des génisses en base allemande (RZG) afin de travailler avec les meilleurs sujets. Nous n’utilisons pas de semence sexée car nous commercialisons bien les taureaux pour la saillie. Si la vache est haute productrice, je préfère attendre un peu avant de la réinséminer.  Après 5 lactations, nous regardons comment est la vache, son état de forme et on se pose la question si nous la réinséminons ou pas. Nous ne cherchons plus de trop grandes vaches, avec le recul, on voit bien que ce sont des vaches qui ne vieillissent pas bien. »

Un parage est réalisé 3 fois par an sur l’ensemble des vaches en lait et systématiquement lors du tarissement.

Prix pour concours d'élevage de vaches

L’utilité des chiffres dans la performance du troupeau

Le programme Horizon donne une série de chiffres et d’informations nécessaires au bon management d’un troupeau. Avec la pesée présente sur le robot A3 en place, Michel dispose de données supplémentaires pour l’aider dans la gestion quotidienne.

« Les chiffres permettent d’être plus préventif par rapport aux maladies, de mieux les anticiper et le poids est un indicateur très intéressant pour contrôler les vaches en début de lactation. Je peux aussi compter sur ma conseillère en élevage Carmen avec qui nous avons des discussions pour voir ce qui peut être amélioré. », nous confie-t-il.

Un Juno et un Calm pour accompagner l’A3

Michel accorde une grande importance à la qualité des fourrages et de l’alimentation. L’accès à une eau de qualité est aussi primordial.

« Le Juno est une super machine, peut-être même la plus importante… pour pouvoir produire, il faut que les vaches puissent manger tout le temps ! »

 « Le Calm fonctionne vraiment bien. Dans un premier temps nous donnons du lait frais à volonté pendant trois semaines aux veaux dans les cages et ensuite nous les mettons sur le Calm pendant 65 jours avec un maximum de 8 litres par jour. »

Toujours à la pointe de l’évolution, l’exploitation est dotée d’une station Bio-électrique qui est alimentée par le lisier frais produit sur la ferme.

Machine qui repousse le fourrage automatiquement dans un couloir d'alimentation

Et plus tard ?

Après 18 ans de bons loyaux services, la famille Neser a décidé de changer son A3 par un A5 Next dans le courant de l’année : « Nous réfléchissons beaucoup avec Luc à l’emplacement du nouveau robot par rapport à celui de l’A3. Il faut plus de place devant le robot et une bonne libre circulation autour. »